Les rencontres Aprifel

Consommer au moins 5 F&L, quel impact pour notre avenir ? - 30 novembre 2017

Quinze ans après le premier Programment National Nutrition Santé et alors que les bénéfices de la consommation d’au moins cinq portions de fruits et légumes par jour ne sont plus à démontrer, les consommations de fruits et légumes restent insuffisantes. Le 30 novembre 2017, Aprifel organisait au Ministère des Solidarités et de la Santé une journée d’information sur ce thème. Il s’agissait de réunir scientifiques, décideurs, associations de consommateurs et professionnels de la filière fruits et légumes afin de réfléchir collectivement aux leviers permettant d’atteindre les objectifs de consommation. Cette journée organisée avec le soutien du sénateur de Haute Garonne, Pierre Medevielle, cette rencontre a réuni plus de 110 participants, 19 intervenants et une dizaine de journalistes.

Plus d'information :


Programme et présentations des intervenants

9h15 : 9h30 Mot d'accueil

C. Teyssedre - Présidente d'Aprifel

9h30 : 11h00 Session 1  - Consommation des F&L, enjeu majeur de santé publique

E. Doineau - Sénatrice - membre de la Commission des Affaires Sociales

Consommation des F&L : analyse bénéfices/risques
A. Martin - Membre du Conseil National de l’Alimentation

Les F&L : les laissés-pour-compte de tout y compris des politiques publiques
M. Padilla
- Professeure-associée - CIHEAM Montpellier

Quelles conditions pour assurer une consommation en accord avec les recommandations ?
M. Cecchini
- Analyste des politiques de santé - OCDE Paris

 


 

11h30 : 12h30  Session 2 - Contribution de la production F&L à l’impact environnemental ; l’art du compromis

P. Medevielle – Sénateur - membre de la Commission Aménagement du territoire et du développement durable

La chimie : hier, aujourd’hui et demain
C. Fischler
- Sociologue

Utilisation des phytosanitaires en France : quelles méthodes alternatives ?
F. Villeneuve
- Ingénieur et Chargé de Programme - CTIFL - Lanxade

La réforme de la PAC et la nutrition ; les cas des F&L
F. Buchholzer
- Chargée d’évaluation et de prospective - Commission Européenne - DG AGRI

Contribution de la production fruitière à l’impact environnemental : exemple concret
D. Sauvaitre
- Président - Association Nationale Pommes Poires - ANPP

 


12h30 : 14h15   Déjeuner - Salle de Presse de Madame la Ministre


14h30 : 16h30   TABLE RONDE Risques économiques liés aux fluctuations de la production des F&L

J-P. Moga - Sénateur - membre de la Commission Affaires économiques

Allocution introductive : L’Europe agricole et les fruits et légumes : T. Garcia Azcarate - Conseiller responsable de la coordination et de l’analyse économique à court terme des marchés agricoles - Commission Européenne - DG AGRI


Table ronde animée par : E. de La Chesnais - Journaliste


Avec la participation de : 

Quels sont les besoins et les attentes émergentes des consommateurs vis-à-vis des fruits et légumes ?
D. Allaume Bobe
- Présidente du département Habitat Cadre de Vie HCV- UNAF

Quelles sont les orientations des pouvoirs publics pour soutenir la production et la consommation des F&L français ?
J. Andrieu - Chef de la mission filières, France Agrimer

Segmentation/ Signes de qualité : qu’est-ce qui ne marche pas et pourquoi ?
B. Dupont
- Président Interfel

Pourquoi les F&L sont-ils un enjeu de santé publique ?
S. Hercberg
- Epidémiologiste Faculté de Médecine Paris XIII / INSERM et Président du PNNS

Quel avenir économique pour un opérateur F&L ?
F. Lafitte
- Président - Gouvernance économique des fruits et légumes (GEFEL)

Comment la France souhaite-t-elle peser sur les décisions européennes relatives aux F&L ?
Jacques Loyau au nom d’
E. Andrieu - Membre du Parlement européen


16h30 : 17h00   CONCLUSIONS DE LA JOURNÉE
                            B. Chevassus-au-Louis - Président - Humanité et Biodiversité

Pourquoi réduire le recours aux produits phytosanitaires ? - 24 novembre 2011


Contexte et objectif

Contexte

En 2010, trois rapports ont été publiés sur le thème des produits phytosanitaires :
              1. « Ecophyto R&D » - INRA
              2. « Pesticides et Santé » - OPECST
              3. « Exposition de la population générale aux résidus de pesticides en France » - ANSES

Outre ces publications, le sujet a été largement débattu par les médias.
A ce stade, une mise au point pour les professionnels de la filière F&L est nécessaire.

Objectif de la rencontre

Clarifier la situation actuelle sur :

Les représentants de chaque rapport (INRA, OPECST, ANSES) seront également présents à une table ronde pour présenter leurs études et échanger avec les participants des finalités de leurs travaux et leurs utilisations concrètes.

 


Programme

9h00 : 9h30   Conférence d’ouverture
                         Les produits phytosanitaires dans l’histoire de l’agriculture
                         Jean-Louis BERNARD - Académie d’Agriculture de France


9h30 : 11h00  1ère session  MODÉRATEURS : FRANCINE CASSE - ALAIN PERIQUET
                          Recours aux produits phytosanitaires: quels risques pour le consommateur et pour l’environnement ?


11h00 : 11h30   Pause fruits et café


11h30 : 13h00  2ème session MODÉRATEURS : JEAN-MICHEL LECERF - MICHEL BOISSET
                           Recours aux produits phytosanitaires : quelles incidences sur le terrain ?
                           Quels dangers pour les opérateurs ?


13h00 : 14h30   Déjeuner


14h30 : 15h00   MODÉRATEUR : SAÏDA BARNAT
                             Réduire le recours aux produits phytosanitaires : quelle incidence sur la production agricole ?
                             Franziska ZAVAGLI - CTIFL


15h00 : 16h30   Table ronde animée par Jean-Michel LECERF- Institut Pasteur de Lille
                             De la Règlementation à la Recherche
                             Finalités, avenir et utilisations concrètes des différents travaux parus en 2010 :

                           Discussion avec la salle


16h30 : 17h00   Conclusions de la journée
                             Alain PERIQUET
 


Les intervenants

Conférence d'ouverture

 Jean-Louis Bernard, Académie d’Agriculture de France, Paris
Jean-Louis Bernard, diplômé en biologie végétale de l’Université de Lyon, fait partie de l’Association Française de Protection des Plan tes dont il a été durant plusieurs années le vice président. Il est aujourd’hui membre du

Conseil scientifique de Farre et correspondant national de l’Académie d’Agriculture de France.

Domaines d’expertise : protection des cultures, désherbage, maladies, ravageurs,environnement, agriculture raisonnée, Histoire de la protection des plantes.

1ère session : Recours aux produits phytosanitaires : quels risques pour le consommateur et l'environnement ?

Daniel Marzin, Université Lille 2, Faculté de Pharmacie
Pharmacien de formation, Daniel Marzin est Professeur Émérite de toxicologie à la faculté de Pharmacie de Lille – Université Lille 2. Il a été chef du service de Toxicologie de l’Institut Pasteur de Lille et fut membre et Président de la Commission d’étude de la toxicité des produits phytosanitaires, des fertilisants et du comité d’experts spécialisés des produits phytosanitaires de la Dive (Direction du végétal et de l'environnement de l'Afssa).

Pr. Alain Périquet, Université de Toulouse
Directeur de l’Institut Universitaire Professionnalisé : Bioingénierie - Physiologie Nutrition – Alimentation – Toxicologie - Sécurité des aliments.
Membre du Comité d’Experts Spécialisés de l’ANSES : risques contaminants chimiques et physiques.
Depuis 2000, il préside le Comité Sécurité Alimentaire de l’Aprifel.


Véronique Poulsen, ANSES, Paris
Véronique Poulsen est Docteur en écotoxicologie. Elle a travaillé près de 10 ans dans la recherche appliquée à l’INERIS, et est à présent Chef d’Unité Evaluation Ecotoxicologie et Environnement des intrants du végétal à la Direction des Produits Réglementés de l’Anses. Elle est ainsi responsable de l’équipe en charge de l’évaluation des risques pour l’environnement effectuée préalablement à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et des matières fertilisantes et supports de culture.

2ème session : Recours aux produits phytosanitaires : quelles incidences sur le terrain ? Quels dangers pour les opérateurs ?

Isabelle Baldi, Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement (ISPED), Bordeaux II
Isabelle Baldi, médecin épidémiologiste, spécialiste en santé publique est titulaire d'un DEA d'épidémiologie et d'une thèse d'Etat sur les effets sur la santé des pesticides dans le milieu professionnel agricole. Elle est actuellement responsable du registre des tumeurs primitives du système nerveux central de la Gironde et maître de conférences à l’université Victor-Segalen Bordeaux-II.

Pierre Lebailly, Université de Caen Basse Normandie, Centre François Baclesse
Dr Pierre Lebailly, maître de conférence en santé publique à l'UFR des sciences Pharmaceutiques, est coordinateur de l'étude Agriculture et cancer (AGRICAN) au sein du Groupe Régional d'Etudes sur le CANcer (GRECAN-EA1772) de Caen.
 

Yves Cosset, MSA, Paris
Yves Cosset, médecin-chef de l'échelon national de santé au travail de la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole.
En janvier 2011, il a été nommé membre du conseil scientifique de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail.
 


Franziska Zavagli, CTIFL Centre de Lanxade
Responsable du programme national « Pomme ». Spécialisée dans le domaine de la protection des végétaux : coordination du programme « Production raisonnée / Environnement – Fruits à pépins », animation de groupes de travail nationaux dont « l’Homologation fruits à pépins » et depuis 2009 d’un groupe de travail européen EUFRIN (European Fruit Research Institutes Network) dénommé « Sustainable fruit production to minimize residues »
 

Table ronde : De la réglementation à la Recherche

Jean-Marc Meynard, directeur de recherche à l’Inra de Grignon
Agronome, responsable du département de Recherche "Sciences pour l'action et le développement" (SAD).
Co-auteur du Rapport Ecophyto R&D


Michel Caboche, Académie des sciences, Membre du conseil scientifique de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques
Michel Caboche est biologiste français, directeur de recherche au CNRS, membre de l'Académie des sciences et du conseil scientifique de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST). Il est actuellement chercheur émérite INRA et dirige l'Unité mixte INRA-CNRS-Université d'Evry de recherche en génomique végétale.
 


Jean-Charles Leblanc, ANSES, Paris
Jean-Charles Leblanc, docteur en physiologie de la nutrition humaine, est actuellement chef du département d’évaluation des risques liés aux aliments à l’ANSES (Direction de l’Evaluation des risques).
Rapport de l’ANSES « Exposition de la population générale aux résidus de pesticides en France» et « Etude de l'Alimentation Totale française 2 (EAT2) » de l'ANSES.


Jean-Michel Lecerf, Institut Pasteur de Lille
Chef du Service de Nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, le Docteur Jean-Michel Lecerf cumule également les titres de Spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques, Professeur associé à l’Institut Pasteur de Lille et de Consultant au Centre Hospitalier Universitaire de Lille. Il est expert auprès de l'ANSES et membre du Comité Sécurité Alimentaire de l'Aprifel. Il est aussi l’auteur de plus de 400 articles scientifiques et d’une douzaine de livres dans le domaine de la nutrition, du diabète, du cholestérol et de l’obésité.
 


Conclusions d'Alain Périquet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Les produits phytosanitaires (PPS) sont-ils le fruit de l’agriculture intensive moderne ?
L’exposé de Monsieur BERNARD a répondu très clairement que de tout temps l’homme a cherché à protéger ses cultures et à conserver ses aliments par les moyens qu'il a à sa disposition. Si à certaines périodes, comme les après-guerres, on a eu recours peut-être de façon excessive, et mal contrôlée aux PPS, les choses ont beaucoup évolués aujourd’hui vers des méthodes plus respectueuses de l’environnement et plus protectrices de la santé des opérateurs et des consommateurs mais le temps des fléaux voyageurs n’est pas terminé et la protection des cultures restera un impératif.

2. Les Valeurs Toxicologiques de Références (VTR) sont-elles suffisamment protectrices ?
Le Professeur MARZIN a fait l’éclatante démonstration que les VTR dont la Dose Journalière Admissible (DJA) pour ne citer qu’elles, ne sont pas « tombées » du ciel et décidées sur le coin d’une nappe, et qu’elles protègent très largement les personnes exposées.

3. Les instances nationales-européennes et internationales et leurs experts sont-ils suffisamment compétents et indépendants ?
Les réflexions et les réglementations sur ces sujets complexes ne peuvent être que le fruit d’une expertise collective instruite par un très grand nombre d’experts compétents réunis au sein d’instances nationales, européennes et internationales qui travaillent en étroite relation. Tout ceci constitue une garantie contre la pensée unique, une garantie de compétences et d’indépendance et plutôt que de se positionner en permanence sur un terrain polémique, il y aurait intérêt à instaurer un dialogue constructif en évitant ainsi  les collisions et les conflits d’intérêts si tant est qu’ils existent.

4. Quelles réalité des effets sur l'environnement et sur les opérateurs ?
Les PPS sont des biocides, il ne faut pas le nier – et à ce titre ils peuvent avoir des effets néfastes sur l’environnement et sur la santé des opérateurs. Le brillant exposé de Madame POULSEN nous a largement éclairé sur la complexité d’évaluation de l’exposition, les effets environnementaux et les risques, et nous a montré qu’il peut y avoir une agriculture protectrice de l’environnement.

Les risques aigues et chroniques existent pour les opérateurs aux premiers rangs desquels se situent les maladies neuro-dégénératives et les cancers. Les exposés remarquables d’Isabelle BALDI et de Pierre LEBAILLY ont montré combien ces sujets étaient difficiles à traiter, ils ont eu le grand mérite de faire le point des données actuelles obtenues grâce à de larges enquêtes épidémiologiques et des recherches très affinées auxquelles ils participent activement.

5. Les Bonnes Pratiques Agricoles d'Hygiène et de Sécutité protègent-elles suffisamment les opérateurs ?
La réponse est clairement non et malheureusement des exemples existent. Mais heureusement le remarquable travail de formation, d’information et de surveillance effectué par la MSA et que nous a exposé si brillamment le Docteur Yves COSSET arrive à limiter au maximum les risques pour les opérateurs et il nous a montré que leur exposition, les produits qu’ils utilisent, leurs méthodes de travail avant, pendant et après les traitements étaient très bien encadrés.

6. La réduction du recours aux PPS : quelles incidences sur la production agricole ?
L’exposé très documenté de Madame ZAVAGLI nous a montré quelles incidences elles pourraient avoir sur la production agricole rejoignant en cela le rapport Ecophyto R&D présenté par monsieur MEYNARD.

7. Des efforts de réduction qualitatifs et quantitatifs considérables ainsi qu'en matière de formation et d'information ont été réalisés.
Jusqu’où faut-il aller ? Des efforts considérables – pas suffisamment mis en avant dans les différents rapports - quantitatifs et qualitatifs ont été réalisés par l’ensemble de la filière car le tonnage annuel est passé de 100 000 tonnes il y a 10 ans à moins de 70 000 tonnes aujourd’hui et le nombre de SA de 1000 au moment de l’entrée en vigueur de la Directive 91/414 à 350 environ aujourd’hui.

8. Réduire le recours aux PPS : Oui mais...
Alors vouloir réduire encore, peut être, mais au risque de voir surgir des problèmes dont certains émergent déjà et peuvent mettre les agriculteurs en difficultés.

9. La sécurité des consommateurs : un état des lieux plutôt satisfaisant en matière de contamination des aliments et d'exposition
Monsieur MARZIN a expliqué la démarche permettant d’obtenir de très bonnes garanties et l’étude EAT2 publiée en juin dernier par l’ANSES et présentée tout à l’heure par Jean-Charles LEBLANC (un des acteurs essentiels de cette enquête) me semble plutôt rassurante.

Quant à la sensibilisation des pouvoirs publics, elle me parait effective comme l’a indiqué Monsieur Michel CABOCHE dans une très bonne analyse du rapport de l’OPECST, elle devrait en tout cas porter ses fruits.

Enfin pour terminer, je voudrais poser la question de savoir s’il est possible d’alimenter la population de la planète – dont une grande partie est déjà sous-alimentée – sans une protection phytosanitaire. Je n’ai pas la réponse, rien qu’une conviction mais elle n’a pas sa place dans un débat scientifique.

Au cours de cette conclusion, je n’ai pas fait un plaidoyer pro domo pour les PPS et je me rends bien compte que la tendance actuelle est – qu’Edmond ROSTAND me pardonne – « aujourd’hui moins qu’hier et bien moins que demain ». Des solutions existent mais pourquoi ne pas toutes les utiliser (plantes génétiquement modifiées) et faire en sorte que le recours aux PPS – sans le bannir - ne soit pas le seul moyen de protéger les cultures mais deviennent le complément des méthodes culturales et agronomiques ?

Consommation de fruits et légumes : Aprifel appelle à la mobilisation - 10 décembre 2010


Introduction

Par delà les crises de marché et les aléas qui affectent le fonctionnement des entreprises du secteur des fruits et légumes au quotidien, il est un enjeu majeur que nul acteur de cette filière ne peut négliger car c’est un bien commun à tous : la dynamique de consommation de F&L frais. D’elle dépendent massivement l’activité du secteur et son développement ; mais d’elle dépend aussi un autre bien majeur, la santé publique et par conséquent les comptes de nos systèmes de santé !
La connexion consommation de F&L frais et santé ne fait plus de doute, et à l’heure de la mise en place d’une Politique Publique de l’Alimentation, la recherche est un enjeu qui prend une importance stratégique décuplée. Or la filière des F&L frais dont vous faites partie, investit peu dans ce domaine. C’est pourquoi une initiative forte et solidaire des entreprises les mieux armées doit être proposée sans attendre, pour collaborer avec la science et la recherche.


Programme

1. Santé publique/Agriculture : Quelle relation ?
Pourquoi faut-il manger plus de F&L ? Quels risques à ne pas en manger ?
Pourquoi et comment entreprises et professionnels des F&L peuvent-ils accompagner la science et promouvoir les comportements alimentaires sains ?

Par Elio Riboli, Professeur au Collège Impérial de Londres, Directeur de l’Ecole de Santé Publique et Coordinateur de l’étude européenne EPIC, plus grande étude de suivi en Nutrition-Santé.

2. Quelle place occupe la science dans les décisions politiques en matière de F&L ?
Comment une politique européenne en faveur des F&L peut-elle voir le jour ?
Quelles sont les données manquantes préalables aux décisions politiques ?

Par Lars Hoelgaard, Directeur Général Adjoint à la Direction Générale de l’Agriculture et du développement rural à la Commission Européenne.

3. Les politiques publiques de santé et sur la promotion de la consommation de F&L frais.
Par Valérie Boyer, Députée des Bouches-du-Rhône.

Débat animé par Jean Harzig, rédacteur en chef de Végétable.


Conclusions

Par delà les crises de marché et les aléas qui affectent le fonctionnement des entreprises du secteur des fruits et légumes au quotidien, il est un enjeu majeur que nul acteur de cette filière ne peut négliger car c’est un bien commun à
tous : la dynamique de consommation de F&L frais. D’elle dépendent massivement l’activité du secteur et son développement ; mais d’elle dépend aussi un autre bien majeur, la santé publique et par conséquent les comptes de
nos systèmes de santé !

La connexion consommation de F&L frais et santé ne fait plus de doute, et à l’heure de la mise en place d’une Politique
Publique de l’Alimentation, la recherche est un enjeu qui prend une importance stratégique décuplée. Or la filière des F&L frais investit peu dans ce domaine.
C’est pourquoi une initiative forte et solidaire des entreprises les mieux armées doit être proposée sans attendre, pour collaborer avec la science et la recherche.
L’innovation, l’accessibilité, la disponibilité et l’amélioration de la praticité deviennent un enjeu majeur pour le secteur des F&L.

« Depuis trente ans, Aprifel se mobilise pour collecter toutes les connaissances scientifiques démontrant les bienfaits des fruits et légumes pour la santé », rappelle son président, Bernard Piton.
Depuis 2003, avec le concours du Professeur Elio Riboli « Imperial college - Londres » et sous la houlette de Saïda Barnat, Aprifel a mis en place le colloque Egea qui vise à diffuser largement ces connaissances et à sensibiliser les politiques sur les enjeux nutritionnels. Avec succès, puisque, suite à la prise de conscience de Lars Hoelgaard, Directeur Général Adjoint à la Direction Générale de l’Agriculture et du développement rural à la Commission Européenne, l’Union européenne a mis en place le programme « School Fruit Scheme : Un fruit à l’école » assorti d’un budget de 90 millions d’euros pour les 27 états membres. Lancé début 2009, il fera l’objet d’un premier état des lieux courant 2011. Bien que motrice sur ce projet, la France ne semble pas avoir encore optimisé cette dynamique. Et  beaucoup reste à faire pour lutter contre la montée des maladies chroniques induites par une alimentation toujours plus déséquilibrée.
Elio Riboli et Lars Hoelgaard soulignent la nécessité de relancer des études, assez légères, mais assez pointues pour conforter les connaissances et disposer d’arguments plus solides pour convaincre notamment les décisionnaires de prendre davantage de dispositions en faveurs des fruits et légumes. L’ouverture du chantier de la réforme de la PAC constitue d’ailleurs une belle occasion de promouvoir une agriculture plus propice à la santé des citoyens européens.

« Le combat contre les IAA est rude », a souligné Roger Pecout, attaché parlementaire de Valérie Boyer, députée
des Bouches-du-Rhône vigoureusement engagée sur ce front et à qui nous devons notamment, l’extension de
l’usage des tickets restaurant à l’achat de fruits et légumes.

Pour conclure, Bernard Piton propose la création d’un club d’entreprises qui s’impliquent sur le dossier F&L et santé pour soutenir, accompagner, intensifier, l’action d’Aprifel, mais aussi bien-sûr pour développer leur propre marché, celui de la consommation des fruits et légumes.